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Au revoir Papa…

Première partie de l’article finalement publiée le 9 mars 2020, 5 mois après.

 Au moment où je publie cet article, je ne sais pas si ça fera deux, trois ou bien plus de semaines que j’ai du faire face au pire, faire face à une chose dont je ne me remets toujours pas et dont je ne me remettrai peut-être jamais : la perte du seul et unique homme de ma vie comme je l’ai toujours appelé, mon Papa. 

Ecrit en écoutant en vain « Nuvole Bianche » de Ludovico Einaudi.

22 octobre 2019 

Ce soir j’ai décidé d’écrire… Écrire pour me confier et évacuer toutes les émotions qui traversent mes pensées en ce moment. 

Deux semaines ont passé depuis ce jour… Ce jour qui m’a changée à tout jamais. Pour le moment, je ne sais toujours pas si je partagerai ces lignes mais j’espère en tout cas que les relire en vain m’aideront à me faire sentir mieux… 

Je sais que lorsque je m’en sentirai capable, j’aimerais écrire sur ce qu’est le deuil, ce que l’on traverse. Je vais d’ailleurs peut-être même diviser cet article en plusieurs parties au moins j’écrirai quand bon me semble sur toutes les phases que l’on doit affronter.

[Phase 1: se souvenir de la belle personne qu’il était] 

Ce décès est le premier auquel je fais réellement face dans mon entourage et je vous avoue que bien qu’envisagé, il a été tout de même inattendu et soudain. J’ai donc essayé de m’y préparer mais personne ne peut réellement se préparer au départ de quelqu’un qui est cher, personne ne peut s’imaginer le vide qu’il laisse derrière soi…

Je suis d’habitude plus que pudique sur mes sentiments mais l’Amour pour mon père était différent. Chaque personne autour de moi savait ô combien lui et moi étions inséparables et qu’il nous était indispensable d’exposer nos moments de complicité comme de chamaillerie au grand jour. 

Je vous épargnerai les détails sur sa personnalité. Pour la majorité des personnes, notre père est le meilleur. Ce que j’aurai à vous dire simplement c’est que le mien était d’une générosité incommensurable, une bonté démesurée, une gentillesse immense. Vous l’aurez compris, chacune de ses qualités devait être accompagnée d’un adjectif le qualifiant comme étant irrationnel, grand. Mon Père était un Saint.

Pendant ces 14 premiers jours, entourée de ma famille et de mes proches, nous n’avons jamais cessé de parler de lui, d’avoir des appels téléphoniques, de se rappeler des bons souvenirs, les fous rires, les temps où il me gardait mon frère et moi et toutes ses qualités. Nous nous sommes dits en vain que l’on avait une chance incroyable d’avoir un père aussi aimant et mon Dieu combien il était aimé par chacun de nous.

 Néanmoins, si pendant deux semaines j’ai réussi à faire face, j’ai essayé d’être plus que forte en sortant avec les personnes qui m’ai(d/m)ent le plus, en m’aérant l’esprit, en continuant d’être moi-même, en faisant la fête…

Aujourd’hui, 22 octobre, 14 jours après, il m’est impossible de faire semblant. J’avais été prévenue que cette période qu’est le deuil serait accompagnée de hauts et de bas. 

Mes périodes de hauts sont rythmées soit par cette phrase « Il ne souffre plus » soit par le fait que je me dise sans cesse que je le connaissais tellement par coeur qu’à chaque moment de ma vie, à chaque décision que je dois prendre, je connais sa réponse. Puis parfois, je me dis haut et fort qu’il ne voudrait pas que sa « petite » soit triste. Son seul souhait aurait été que je me motive à atteindre mes objectifs professionnels. C’est tout bête, banal, logique comme réaction mais c’est tellement vrai…

Puis mes bas […]

3 novembre 2019

[Phase 2: le manque se fait ressentir, on réalise ou du moins… on essaie] 

J’ai mis du temps à revenir. J’ai à vrai dire passé ces derniers jours à sortir et encore à nouveau, j’ai essayé de ne pas y penser. Mais vous dire que j’y arrive serait vous mentir. Aujourd’hui, la réalité me rattrape. 
Bientôt 1 mois. Bientôt 1 mois où je ne le vois plus, où je ne le sens plus, où je ne l’entends plus. Il n’est plus là. Ce n’est pas possible. Ca n’était pas un cauchemar. Ca n’était pas une blague.

Pendant tout ce temps, pendant ces 25 jours, pendant les plus longues 600 heures de ma vie, j’avais cette impression qu’il pourrait revenir. Encore une fois, c’est bête mais votre esprit ne s’y fait pas. Au lieu de vous aider à accepter, il vous emmène complètement ailleurs ou alors il vous fait cogiter avec des phrases totalement absurdes: Pourquoi moi? Pourquoi maintenant? Pourquoi si jeune? Ces dernières ne vont pas pour autant vous aider à aller mieux mais vous êtes obligés de vous poser ces interrogations à tout va. 

Une autre chose qui a été atroce, c’est cette sensation que lorsque j’entendais les clefs dans la serrure, c’était lui qui rentrait… Le fait que chaque pièce, chaque objet, chaque recoin bien précis vous fait penser à lui. Vous connaissiez ses moindres faits et gestes et votre imagination débordante vous amène très loin jusqu’à revivre des moments du passé ou l’imaginer encore auprès de vous…

Mais non, en définitive, c’était bien réel et on me dit qu’il faut que je m’y fasse, qu’il faut que je guérisse sans oublier pour autant.

J’aimerais vous dire comment s’est passée cette dernière nuit mais c’est mon jardin secret… Sachez simplement que j’étais là jusqu’à la dernière seconde, son dernier souffle. Certains feront le choix de partir. Pour ma part, je voulais être là. Je voulais lui dire tout ce que j’avais sur le coeur bien que je ne savais pas s’il m’entendait au vu du profond sommeil dans lequel il était plongé…

Depuis la dernière fois où j’ai écrit, j’ai à nouveau du affronter toutes les émotions possibles. Je me découvre en même temps que le deuil. Chaque jour, j’en apprends sur moi-même, j’en apprends sur les périodes difficiles de la vie et je grandis. Vous vous rendrez compte qu’une personne même disparue vous surprend toujours.

Aujourd’hui, bien que j’ai déjà traversé des périodes pénibles, douloureuses autant physiquement que mentalement à cause de ma maladie, je découvre pour la première fois de ma vie ce qu’est le déchirement, la souffrance, le manque d’une personne que l’on a aimée toute sa vie.

J’essaie par tous les moyens de me dire à nouveau « Il ne souffre plus ». Me rattacher au fait qu’il s’en est allé de manière paisible et qu’on a évité le pire me soulage mais pour être franche… en parallèle, le manque me poursuit. C’est sur cette phase que je veux bien insister. 

On a tous des moments qui nous font mal plus que d’autres. Mes moments de « downs » sont ceux qui pour moi représentaient ma force et mes moments de complicité avec. Ma passion avec mon père était de regarder les matchs de tennis et les courses de F1. C’est d’ailleurs sûrement grâce à lui que je suis autant fanatique de ces deux sports. A chaque fois que Nadal faisait une vague apparition à la TV, je pouvais entendre « Natacha, ton fiancé! »… Maintenant qui sera là pour me rappeler à l’ordre quand Nadal jouera? En plus… il a toujours préféré Federer.

Ce soir, pour la deuxième fois, je regarderai un Grand Prix sans lui. Je n’entendrai pas ses commentaires et on ne rigolera pas ensemble sur les « radio moments » de Carlos Sainz (passion Espagnols!) et Lando Norris. Généralement, avant ou après chaque course, je lui montrais toutes les bêtises et les moments drôles que je trouvais sur Instagram/Youtube et Dieu sait combien maintenant il y en a.

Les bas… ce sont les moments qui reviennent sans cesse et qui normalement vous passiez avec lui. Ce sont les anniversaires, les fêtes, les endroits qui vous rappellent qu’il n’est plus là. Ce sont aussi les moments de réconfort que vous recherchez, ce sont les moments futurs qu’il ne connaitra jamais, ce sont les vacances que vous ferez sans lui. C’est surtout le fait de vous dire qui ne pourra pas connaitre vos enfants et ceux qui accompagneront votre vie dans les prochaines années. C’est de se dire qu’il est parti bien trop tôt et bien qu’on aime jouer à la femme, bien qu’on se croit toujours grande… A 23 ans, on reste une enfant. A 23 ans, on a encore besoin de son Papa. 

Aujourd’hui, il commence à beaucoup me manquer. Presque un mois sans lui. En 23 ans de vie, j’ai été séparée de lui que 2 mois en l’ayant 102 fois au téléphone par semaine.

Capture d’écran 2020-03-09 à 21.42.08

[Phase 3: Se ressaisir, se retrouver et ne penser qu’à soi/qu’aux siens]

EGOISTE! EGOISTE! C’est ce qu’on me dit d’être. On me dit de penser à moi. Tiens, très simple comme phase pour une altruiste qui n’a jamais connu le bonheur à travers sa personne mais toujours à travers les autres.

C’est pas grave, comme je l’ai dit, cet évènement et son absence font que mon père arrive à toujours me surprendre donc dans cette phase, on croit indéfiniment à la dimension spirituelle, on croit qu’il est là, tout près et qu’il nous aide à aller mieux. Il n’a pas choisi de partir mais il choisit de vous soutenir.

[…]

Sans lui, sans cet évènement, je n’aurais jamais vu à quel point je suis forte. OUI, si je pouvais le crier, je le ferais. Mon père m’a permis de réaliser que j’étais pleine de ressources dont j’ignorais l’existence.

8 novembre 2019

1 mois. 1 mois déjà et 1 mois seulement… Je suis venue te voir, j’ai enfin réussi. Ton nom était gravé comme ta personne l’est gravée dans mon coeur à jamais. 
Qu’est-ce que tu me manques Papa. 1 mois qui semble être une éternité et pourtant le chemin est encore si long…

9 novembre 2019

Ce qui fait mal : l’abandon de certains projets… les vacances (sa plus grande passion, partir avec nous)
Ce qui fait encore plus mal, se faire à l’idée que l’on va devoir passer l’anniversaire de Maman sans lui… de savoir que dans un mois et demi, on va devoir passer Noël sans lui… Je n’arrive vraiment pas à me faire à l’idée du « sans lui ».

Le 13 septembre 2019, j’ai eu 23 ans et je savais que cette année allait être pour moi un énorme changement. Je m’étais promise pour la première fois de ma vie de penser à moi mais je ne pensais pas que j’allais devoir me reconstruire sans un de mes piliers.

20 décembre au 23 décembre 2019

 *Premier voyage sans lui…* LONDRES, une de mes destinations favorites, une destination qui allait nous permettre « d’essayer » de nous mettre dans l’ambiance de Noël grâce aux décorations, un endroit où l’on était allé ensemble, tous les 4 (ma mère, mon frère et moi). Un moment qui nous a permis de nous retrouver et de parler de lui… Un séjour qui nous a fait beaucoup de bien. (Que je vous aime).

24 décembre 2019

 Ça fait bien longtemps que je n’ai pas écrit et ce parce que je suis passée par toutes les émotions possibles encore une fois. D’ailleurs, au moment où j’écris ces mots, nous ne sommes pas le 24 décembre, nous sommes déjà en 2020 mais je voulais vous raconter ce fameux Noël que je redoutais tant… J’avais bien raison. Cette veille de Noël fut atroce. Je me souviens avoir clairement passé la journée à pleurer, cette journée à ressasser les moments douloureux dans ma tête, cette dernière nuit, ces au-revoir puis à me dire que c’était un cauchemar à nouveau. C’était évident que les moments en famille n’allaient pas me faire sourire surtout quand ils laissent un grand vide autour de la table.

On avait clairement plus avec nous la personne qui nous faisait le plus rire (et parfois même le plus crier mais pas grave, au moins ça ne manquait pas d’émotions !). On entendait plus sa voix grave qui aujourd’hui résonne encore dans ma tête chaque jour… Je n’ai pas besoin d’en dire plus… Ces moments de fin d’année furent très difficiles : il me manque, il nous manque affreusement.

1 janvier 2020 / Minuit sonne, les feux d’artifice retentissent presque partout… Certains s’embrassent, d’autres pleurent… Pour ma part, les larmes coulent. Tu es vraiment la seule personne à qui je pense : « Comment vais-je faire à commencer cette année sans toi ? »…

[Suite : Partie 2] – Bientôt…

Je t’aime Papa, tu me manques.

Merci de m’avoir lue,
xxx

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